Pourquoi est-ce si difficile de dire « j’ai besoin d’aide »?
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On entend souvent la même chose :
« Si ça ne va pas, demande de l’aide. »
Sur papier, ça semble simple.
Mais dans la vraie vie, il peut y avoir une énorme distance entre réaliser qu’on ne va pas bien… et réussir à le dire à quelqu’un.
Parce qu’avant les mots « j’ai besoin d’aide », il y en a souvent beaucoup d’autres qui nous passent par la tête.
Je vais attendre encore un peu.
Ça va sûrement passer.
Il y en a qui vivent bien pire que moi.
Je ne veux pas déranger personne avec mes problèmes.
Je devrais être capable de gérer ça tout seul.
Et les jours passent.
« Ce n’est pas assez grave »
C’est probablement l’un des pièges les plus faciles à tomber.
On compare ce qu’on vit à ce que vivent les autres.
On se dit qu’on travaille encore.
Qu’on réussit encore à rire.
Qu’on se lève encore le matin.
Qu’on continue à faire ce qu’on a à faire.
Alors ça ne doit pas être si pire que ça, non?
Mais demander du soutien n’est pas réservé au moment où tout s’écroule.
On n’a pas besoin d’attendre d’être incapable de fonctionner pour reconnaître qu’une période est difficile.
Parfois, la question n’est pas :
« Est-ce que je vais assez mal pour demander de l’aide? »
Mais plutôt :
« Pourquoi est-ce que je devrais attendre d’aller encore plus mal? »
« Je ne veux pas déranger »
Il y a aussi cette impression étrange que nos difficultés prennent trop de place.
On hésite à appeler un ami.
On écrit un message… puis on l’efface.
On voudrait parler à quelqu’un, mais on se dit qu’il a probablement ses propres problèmes.
Alors on répond :
« Ça va. »
Même quand ce n’est pas tout à fait vrai.
Pourtant, parler à quelqu’un ne signifie pas lui demander de régler notre vie.
Parfois, on a simplement besoin que quelqu’un sache.
Quelqu’un qui écoute.
Quelqu’un qui reste quelques minutes.
Quelqu’un à qui on peut enfin dire :
« Pour vrai, je trouve ça difficile ces temps-ci. »
« Je devrais être capable de m’en sortir seul »
Celui-là peut être particulièrement tenace.
On a traversé des choses difficiles auparavant.
On s’est toujours débrouillé.
On est habitué d’être celui ou celle qui tient le coup.
Alors demander de l’aide peut presque donner l’impression d’admettre une défaite.
Mais être autonome ne veut pas dire devoir tout porter seul.
On peut être fort et avoir besoin de soutien.
On peut être débrouillard et ne plus savoir quoi faire.
On peut avoir aidé tout le monde pendant des années et, un jour, être celui qui a besoin que quelqu’un tende la main.
Les deux peuvent exister en même temps.
« Je ne sais même pas ce que j’ai »
Et si vous ne savez pas l’expliquer?
C’est correct aussi.
On imagine parfois qu’avant de parler à quelqu’un, il faudrait être capable de mettre un nom précis sur ce qu’on ressent.
Anxiété?
Épuisement?
Tristesse?
Stress?
Colère?
Découragement?
Mais vous n'avez pas besoin d'arriver avec un diagnostic ou une explication parfaitement construite.
Vous pouvez simplement commencer par ce que vous savez.
« Je ne me sens pas comme d’habitude. »
« J’ai de la misère dernièrement. »
« Je ne sais pas exactement ce qui se passe, mais ça ne va pas vraiment. »
C’est déjà une conversation.
Le premier pas peut être beaucoup plus petit qu’on pense
Demander de l’aide ne signifie pas nécessairement prendre immédiatement une série de rendez-vous ou raconter toute sa vie à quelqu’un.
Le premier geste peut être beaucoup plus petit.
Envoyer un message.
Appeler quelqu’un.
Dire la vérité quand une personne demande :
« Comment ça va? »
Prendre rendez-vous avec un professionnel.
Ou simplement demander :
« Est-ce que je peux te parler quelques minutes? »
Vous n’avez pas besoin de savoir exactement où cette conversation va mener avant de la commencer.
Et si vous ne savez vraiment pas à qui parler?
Au Québec, Info-Social 811, option 2, permet de parler gratuitement et confidentiellement à un professionnel en intervention psychosociale.
Le service est accessible 24 heures par jour, 365 jours par année et peut également vous orienter vers une ressource appropriée dans le réseau de la santé, des services sociaux ou vers un organisme communautaire.
Vous pouvez appeler pour vous-même ou parce que vous êtes inquiet pour un proche.
Vous pouvez également consulter notre page Besoin de soutien?, où La Zone Interdite rassemble différentes portes d’entrée selon ce que vous traversez : ressources professionnelles, soutien pour soi-même ou aide pour un proche.
Vous n’avez pas besoin de connaître le nom du service dont vous avez besoin avant de commencer.
Vous pouvez simplement expliquer ce qui se passe.
Vous n’avez pas besoin d’attendre le point de rupture
C’est peut-être ça qu’on oublie le plus souvent lorsqu’on parle de santé mentale.
On parle beaucoup de demander de l’aide lorsque quelqu’un est en crise.
Mais il existe tout un espace avant la crise.
Quand on commence à s’isoler.
Quand quelque chose devient plus lourd.
Quand on dort moins bien.
Quand on n’arrive plus vraiment à décrocher.
Quand on remarque simplement que quelque chose a changé.
C’est aussi un moment où on peut parler.
Pas parce que tout va nécessairement s’écrouler.
Mais justement parce qu’on n’a pas besoin d’attendre pour le savoir.
Peut-être que les mots peuvent simplement être ceux-ci
Vous n’avez pas besoin d’un grand discours.
Vous n’avez pas besoin d’expliquer parfaitement ce que vous ressentez.
Vous n’avez même pas besoin de savoir exactement ce dont vous avez besoin.
Vous pouvez commencer par :
« Je ne vais pas vraiment bien dernièrement. »
Et laisser la conversation commencer là.
🚫 La Zone Interdite
Parler de santé mentale ne devrait pas commencer uniquement lorsque tout s’effondre.
Besoin d’aide maintenant?
Au Québec :
Si vous vivez une difficulté psychosociale, de l’anxiété, une période difficile ou si vous êtes inquiet pour un proche, composez le 811, option 2 — Info-Social. Le service est gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24.
Si vous pensez au suicide ou si vous êtes inquiet pour une personne qui pourrait y penser :
1 866 APPELLE (277-3553)
Texto : 535353
Clavardage : suicide.ca
Ces services québécois de prévention du suicide sont gratuits et confidentiels, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Si votre sécurité ou celle d’une autre personne est menacée immédiatement, composez le 911.
Partout au Canada :
Vous pouvez également appeler ou texter le 988, la Ligne d’aide en cas de crise de suicide. Elle est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
La Zone Interdite n’est pas un service médical ou d’urgence. Nos contenus visent à sensibiliser, ouvrir la conversation et orienter vers des ressources appropriées.